Le plafond auto-entrepreneur correspond au seuil de chiffre d’affaires à ne pas dépasser pour les indépendants bénéficiant du régime de la micro-entreprise. Dans ce guide, nous vous disons tout ce qu’il faut savoir sur les plafonds des auto-entrepreneurs en 2026. Nous verrons quelles sont les conséquences d’un dépassement et comment bien gérer son chiffre d’affaires afin de respecter le plafond.
Quel est le plafond de chiffre d'affaires pour les auto-entrepreneurs ?
Le statut de micro-entreprise (auto-entrepreneur) a été conçu pour faciliter l’accès à l’entrepreneuriat aux petites structures. Il permet de bénéficier d’un allégement comptable et administratif, et de profiter d’avantages fiscaux. En contrepartie, certaines conditions doivent être respectées pour bénéficier de ce « traitement de faveur » :
- Respecter un plafond de chiffre d’affaires défini pour le régime de la micro-entreprise. Ce dernier est régulièrement mis à jour.
- Prouver que l’entreprise dispose d’une structure de petite envergure qui est adaptée au statut de micro-entreprise.
- Se conformer aux règles spécifiques du CA, qui constitue la base du calcul pour le plafond.
Le plafond se calcule uniquement sur le CA, et non sur le résultat de l’entreprise. Le chiffre d’affaires correspond à l’ensemble des entrées d’argent générées par l’activité, il est toujours positif. Le résultat, quant à lui, peut être positif ou négatif selon les bénéfices ou les pertes.
Découvrez notre compte professionnelPlafond de chiffre d'affaires pour les auto-entrepreneurs : montants et évolutions
Le plafond des auto-entrepreneurs dépend du secteur d’activité de l’entreprise. Ce plafond détermine si vous pouvez continuer à bénéficier du régime de la micro‑entreprise et de ses avantages fiscaux et sociaux (allègements comptables, calcul simplifié des cotisations).
Pour les années 2026, 2027 et 2028, les seuils de CA annuel hors taxes (HT) à ne pas dépasser sont les suivants :
- 203 100 € pour les activités commerciales, d’achat/vente, de fourniture de marchandises, ou d’hébergement (y compris certaines prestations d’hébergement comme les meublés de tourisme classés).
- 83 600 € pour les prestations de services relevant des BIC (bénéfices industriels et commerciaux) ou des BNC (bénéfices non commerciaux), ainsi que pour certaines locations meublées.
Si votre entreprise exerce des activités mixtes (par exemple vente et services), le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €. La part qui correspond aux services ne doit pas dépasser le plafond auto-entrepreneur en prestations de services de 83 600 €.
Pour bénéficier du régime de micro‑entreprise en année N, il est nécessaire de respecter ces plafonds sur les deux années précédentes (N‑1 et N‑2). En cas de création d’activité en cours d’année, le plafond est calculé au prorata temporis en fonction du nombre de jours d’activité dans l’année.
Par exemple, si vous commencez une activité de prestation de services le 31 janvier 2026, le plafond applicable pour 2026 sera ajusté proportionnellement à la durée d’exploitation sur l’année.
Si vous dépassez le plafond de chiffre d’affaires sur une seule année, cela n’entraîne pas automatiquement la perte du statut de micro-entrepreneur. En revanche, si les seuils sont dépassés deux années consécutives, vous perdez le bénéfice du régime micro. Vous basculez alors vers un régime réel d’imposition et de cotisation à partir du 1ᵉʳ janvier de l’année suivante.
Le plafond des auto-entrepreneurs est revalorisé par périodes triennales (2026-2028) pour s’adapter aux évolutions économiques, à l’inflation et à la législation en vigueur.
Conséquences de dépassement du plafond pour les auto-entrepreneurs
Comme mentionné précédemment, un entrepreneur qui excède le plafond de la micro-entreprise pendant deux années consécutives (N-1 et N-2) verra la perte des avantages du régime de la micro-entreprise pour l'année N. Le changement de régime social et fiscal de l’entreprise est automatique et interviendra au 1er janvier pour passer au régime réel d’imposition et social de l’entreprise individuelle (EI). L’entrepreneur recevra seulement un courrier de l’administration fiscale l’informant de son passage au nouveau régime. Il disposera alors d'un délai de 2 mois à partir de la date de réception du courrier pour contester le changement de régime.
Exemple 1 : Un commerçant auto-entrepreneur vend des articles de sport en boutique. Il a réalisé un chiffre d'affaires de 180 000 € en 2024 et 195 000 € en 2025. Son activité relève des BIC (ventes de marchandises). Il respecte donc le plafond de 203 100 € pour les activités commerciales/vente en 2026. Il peut conserver son statut de micro-entrepreneur en 2026.
Exemple 2 : Une graphiste auto-entrepreneuse a réalisé un chiffre d'affaires de 85 000 € en 2024 et 88 000 € en 2025. Son activité relève des BNC. Elle a donc dépassé le plafond de 83 600 € des auto-entrepreneurs pour les prestations de service deux années consécutives. Elle perdra son statut de micro-entrepreneur en 2026 et basculera au régime de la déclaration contrôlée (régime réel pour BNC).
Il est essentiel que l'entreprise prenne des mesures rapidement en cas de dépassement du plafond. Cela peut inclure la mise à jour des déclarations fiscales, la communication avec les autorités fiscales pour régulariser la situation, et éventuellement revoir la stratégie financière pour éviter de futurs dépassements.
L’entrepreneur qui passe sous le nouveau régime réel sera soumis à l’impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC). Les régimes sont attribués de la manières suivantes :
- Bénéfices industriels et commerciaux (BIC) : catégorie appliqués aux activités commerciales, artisanales et industrielles. Selon la situation de l’entreprise, il est possible de bénéficier du régime réel simplifié ou du régime réel normal.
- Bénéfices non commerciaux (BNC) : catégorie appliquée aux activités libérales sous le régime de la déclaration contrôlée.
L’entrepreneur perd également le bénéfice du régime micro-social et sera affilié au régime social des travailleurs non salariés (TNS).
En plus du changement de régime fiscal et social, l’allégement comptable et administratif de la micro-entreprise prend également fin pour l’entrepreneur. Parmi les nouvelles obligations, on peut citer :
- la préparation des états financiers annuels comprenant le compte de résultat, le bilan comptable et les annexes
- l’utilisation et actualisation d’un livre journal et d’un grand livre
- l’établissement d’un inventaire annuel
Si une autre forme juridique que l’entreprise individuelle (EI) est plus avantageuse pour l’entrepreneur, il peut choisir d’en changer pour exercer son activité.
En savoir plus sur le service de facturation gratuitConseils pour gérer le plafond de chiffre d'affaires des auto-entrepreneurs
Afin de maintenir les avantages du régime de la micro-entreprise, il est important de veiller à ne pas dépasser les plafonds de la micro-entreprise pendant deux années consécutives. Voici trois conseils qui vous permettront d’optimiser votre chiffre d’affaires vis-à-vis du plafond auto-entrepreneur :
- Surveillez votre chiffre d'affaires : suivez attentivement et régulièrement l’évolution de votre chiffre d’affaires. Notez chaque encaissement et comparez régulièrement votre CA cumulé au seuil. Cela vous évitera les dépassements imprévus et vous pourrez ajuster votre activité en conséquence.
- Gérez activement les échéances : prévoir et planifier vos encaissements et paiements vous aide à lisser votre chiffre d’affaires sur l’année. Par exemple, si vous approchez du plafond en fin d’année, vous pouvez décaler une facture ou reporter une mission au début de l’année suivante. Cela vous permettra de rester dans les limites autorisées.
- Utilisez des outils de suivi et de gestion : les logiciels de comptabilité ou de gestion financière simplifient la visualisation de votre chiffre d’affaires et de vos encaissements futurs. Ils permettent de détecter rapidement les risques de dépassement et de prendre des décisions éclairées pour rester éligible au régime micro-entrepreneur.
FAQ
Quelles sont les actions à entreprendre en cas de dépassement du plafond de micro-entreprise ?
En cas de dépassement du plafond de chiffre d'affaires de la micro-entreprise, le changement de régime se fait automatiquement. L'entrepreneur reçoit simplement un courrier l’informant de la suppression du statut de micro-entrepreneurs et du passage BIC ou BNC de l’entreprise individuelle. L’entrepreneur peut, s’il le souhaite, changer de statut juridique pour bénéficier d’une forme de société plus adaptée que l’EI à l’évolution de son activité.
Quels sont les impacts fiscaux du dépassement du plafond de chiffre d'affaires pour les auto-entrepreneurs ?
Si le plafond de chiffre d'affaires est dépassé sur une seule année, le régime de la micro-entreprise et ses avantages fiscaux restent en place. Si le dépassement a lieu sur deux années consécutives, l’entrepreneur perdra le statut de micro-entreprise et ne bénéficiera donc plus de ses avantages fiscaux et comptables comme l’abattement forfaitaire pour l’impôt sur le revenu et l’allégement des démarches comptables.
Quel est le montant du plafond auto-entrepreneur en 2026 ?
Le plafond de chiffre d’affaires appliqué aux entrepreneurs dépend du type d’activité. Il est de :
- 203 100 € pour les activités d’achat/vente de marchandises, de vente à consommer sur place, de vente à consommer sur place et les prestations d'hébergement ;
- 83 600 € pour les prestations de services (artisanales et commerciales), et les activités libérales (BNC).
En cas d’activités mixtes, le plafond global est de 203 100 €. La part des prestations de services et des activités libérales ne doit pas dépasser le plafond micro-entreprise de 83 600 €.
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